Vivre l’expérience de l’abandon n’est pas un abandon.
Pas en soi.
Soit, au départ, si.
On ne voit, on n’entend, on ne sent que l’abandon, l’absence et la solitude.
Puis, petit à petit, on comprend que les morceaux arrachés ne sont pas des bouts de notre chair. On comprend que ce sont des croyances, de dogmes, du chantage affectif qui ont été agrafés sur notre peau et qui nous abîment si on fait un pas de côté. C’est pour mieux nous retenir.
A partir du moment où on ne remplit plus les conditions exigées de la relation, quand bien même on souffre, les doigts toxiques appuient sur les agrafes. Et quand ça ne fonctionne plus, notre existence est bafouée.
Les bouches toxiques formulent sans l’articuler : « Tu n’es pas comme on l’attend, tu seras privé.e d’amour, tu seras privé.e du clan, tu seras privé.e de place ».
Il n’y a jamais de raison valable à comprendre pourquoi l’abandon.
En revanche, on peut chercher ce qu’on a tu ou tué en soi pour l’éviter en vain.
On comprend qu’on a abandonné des parties de soi, des besoins, des désirs pour ne pas être abandonné.e des personnes dont on se doute bien, au fond, qu’elles ne peuvent pas (dans le sens de la capacité) aimer avec sincérité, qui que ce soit.
On s’est accroché car on a aimé vraiment.
On s’est accroché car des agrafes qui remuent à vif, c’est douloureux.
On s’est accroché car on a jamais essayé de nous aimer nous-mêmes.
On comprend qu’on ne faisait pas mal mais qu’on se faisait du mal pour éviter l’application des menaces.
On comprend qu’on mérite d’éclore.
On comprend que l’amour ne fait pas mal et s’il fait mal, ce n’est donc pas de l’amour.
L’abandon, c’est alors une des expériences les plus douloureuses qui permet de comprendre ce que n’est pas l’amour.
Vivre l’expérience d’abandon ou de rejet ne remet pas en cause notre valeur ou notre capacité à aimer, bien au contraire.
L’abandon remet en cause la capacité d’aimer des personnes qui agissent d’une telle manière.
Pour vous, pour nous, c’est l’opportunité de découvrir, d’appliquer, de créer des liens d’amour sains & safe.
Il y a des cadeaux empoisonnés.
Identifier le poison, le remplacer, c’est une détox mentale. Le cadeau apparaît quand on comprend que ce que l’on a perdu, nous a fait gagné de la place pour bien mieux.
En attendant, quand la plaie est à vif, il est difficile de ne pas être effrayé.e : il y a la peur de rester seul.e et la tentation de se tourner vers n’importe qui pour éviter la solitude.
En attendant, quand la plaie est à vif, il est difficile de ne pas être effrayé.e : il y a la peur de rester seul.e et la tentation de se tourner vers n’importe qui pour éviter la solitude.
C’est pourtant dans la solitude, face à soi-même et aux jaillissements d’émotions, que l’on découvre ce que l’on peut traverser et qu’on doutait tant par croyances.
