Pourquoi connaître son fonctionnement ?
Parce que, même doté de cerveaux similaires, chaque humain ne « dispose » pas forcément du même fonctionnement que son voisin, parent, enfant, collègue, ami, conjoint.
En être conscient.e favorise de meilleures relations avec les autres et surtout avec soi-même.
A distance de maladies mentales et neurologiques, à distance de déficience intellectuelle, de croyances ou de cultures, il y a une diversité dont on parle de plus en plus mais qui, paradoxalement, souffre de stigmates féroces et clivants. S’informer justement permet d’éviter les jugements pré-établis.
La neurodiversité, c’est quoi ?
C’est un terme employé pour évoquer des fonctionnements neurologiques différents de la majorité. Cela se présente souvent avec des caractéristiques particulières qui influencent la manière de penser, de ressentir, d’apprendre, d’interagir avec les autres et de percevoir le monde et je pousserais même la réflexion jusqu’à la manière de se percevoir et d’établir une relation avec soi-même (encore plus vrai quand on s’est heurté pendant des dizaines d’années à de l’incompréhension !)
On parle aussi de neuroatypies. C’est un terme incluant toutes les façons d’Être au monde en fonction de ses particularités. Parmi elles, il y a le TDAH, le TSA, l’hypersensibilité, les troubles DYS-, le HPI.
TDAH ⇢ Trouble du Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité
Le TDAH pâtit d’idées reçues très ancrées. Peut-être est-ce dû, en partie, à son acronyme ? Il s’agit davantage de dysrégulation que de déficit. La concentration pour une personne TDAH n’est pas un processus étranger. Simplement, il est différent et ne répond pas à des circuits classiques. L‘attention est plus sensible à la distraction, à l’environnement, à la motivation mais également aux émotions. D’ailleurs, celles-ci peuvent également être un marqueur de TDAH dans la manière de les vivre.
Et puis le H de hyperactivité amène à certaines confusions : quand il se voit, il ne fait aucune doute. A l’inverse, un enfant ou un adulte calme pourrait passer à coté du diagnostic de ce TND (Trouble du neurodéveloppement).
Le TDAH est classé en 3 types :
- Inattentif (Dysrégulation de l’attention prédominante)
- Impulsif/hyperactif (Impulsivité et/ou hyperactivité prédominante)
- Combiné ou mixte
Le TDAH évolue tout au long de la vie et c’est encore plus vrai pour les adolescentes et les femmes pour lesquelles les cycles influent sur leur fonctionnement. C’est pour cela qu’il est d’autant plus important de l’identifier, lorsqu’il y a une souffrance et une errance médicale ou psychologique.
👉🏻 Les filles et les femmes sont encore fréquemment diagnostiquées plus tard que les garçons et les hommes. Leur TDAH, souvent moins « visible » car davantage inattentif ou compensé, peut passer inaperçu pendant des années. De nombreuses femmes ne découvrent leur TDAH qu’à l’âge adulte, parfois autour de la trentaine, voire plus tard.
TSA ⇢ Trouble du Spectre Autistique
Large famille regroupant plusieurs profils avec ou sans déficience intellectuelle et connaissant des besoins de soutien classés en 3 niveaux :
- Niveau 1 : La personne a besoin de soutien
- Niveau 2 : La personne a besoin d’un soutien important
- Niveau 3 : La personne a besoin d’un soutien très important
Les niveaux ne sont pas forcément figés car ils témoignent de difficultés à un instant T. Les personnes TSA présentant un déficit intellectuel ont besoin de soutien spécifique que je ne propose pas dans mes accompagnements.
A l’instar du TDAH, le TSA est, dans la littérature scientifique, un TND. Il se vit et s’exprime différemment selon les individus, leurs environnements, les facteurs protecteurs, l’accessibilité à des aides. Il n’y a pas qu’un seul TSA et c’est pour cette raison que l’on parle d’un spectre de l’autisme qui va des traits autistiques jusqu’à un autisme sévère.
Chaque individu a ses particularités. Le diagnostic peut lui aussi connaitre beaucoup de retard notamment quand la personne a appris à interagir et à développer des capacités d’adaptation, malheureusement très coûteuse en énergie sur le long terme.
Hypersensibilité
L’hypersensibilité est une façon de percevoir le monde. Ce n’est pas être trop sensible, ou trop émotif ou trop chétif. Ça c’est une interprétation d’individus qui pensent encore qu’il y a qu’une seule façon de réagir et lorsqu’une attitude surprend, elle peut être rapidement être catégorisée comme fragilité.
L’hypersensibilité, c’est être sensible, oui : plus sensible que la majorité (l’hypersensibilité représente à peu près 30% des humains) mais ce n’est pas être « trop » ou « pas assez« .
La certitude est que la personne hypersensible a un fonctionnement qui est en lien permanent avec ce qu’elle capte de l’extérieur. Dotée de radars finement calibrés, elle perçoit avec profondeur, le subtil, le léger, si bien que lorsqu’elle capte des émotions intenses, celles-ci sont vécues extraordinairement.
Ce n’est pas des personnes qui réagissent à un « rien », ce sont des personnes qui captent ce qui n’est pas saisissable par tout le monde. Elles peuvent capter des situations ou les émotions des autres, c’est ce que l’on nomme empathie. Chez certaines personnes hypersensibles, elle peut être développée.
Nous n’allons pas reprocher à une antenne avec capteurs supersoniques de vibrer à chaque fréquence saisie. Pour les hypersensibles, idem. Sauf qu’elles et eux ne peuvent pas éteindre leurs capteurs.
C’est pour cela qu’identifier son hypersensibilité, c’est le début d’une certaine liberté : on ne subit plus, on vit avec et on décuple son potentiel.
(T)HPI ⇢ (Très) Haut Potentiel Intellectuel
Comme son nom l’indique, c’est un potentiel intellectuel, c’est-à-dire des capacités présentes qui peuvent, selon le contexte, se développer ou non. Généralement, les personnes présentation un HPI ont une intégration et un traitement plus rapide des informations leur parvenant.
Il est décrit également un façon de percevoir le monde avec profondeur et curiosité, avec une soif d’apprendre insatiable.
Les HPI peuvent ainsi être en permanence dans les questionnements et le raisonnement, sorte d’hyperactivité cérébrale qui jamais ne cesse.
Plutôt que d’intelligence, je préfère parler de facultés. Ce que la personne en fait dépendra d’une multitude de facteurs.
Ainsi, grossièrement, si le HPI était une voiture, il serait sans doute un Ferrari. La conduite ne dépend pas que du type de véhicule, elle change en fonction de la personne qui pilote, de ses connaissances sur la voiture, sur elle-même et de ses aspirations. Ignorer être au volant d’une Ferrari, c’est parfois passer à côté de son parcours et de réelles possibilités.
Attention, les HPI ne sont pas des personnes plus intelligentes ou qui savent mieux : Entre de mauvaises mains, une Ferrari peut foncer dans le mur, pire, écraser des gens.
Parmi les neuroatypies, le HPI n’est pas un trouble. Au contraire il peut être un facteur protecteur notamment combiné avec le TDAH, le TSA ou les troubles DYS.
En revanche, la personne HPI qui ignore son fonctionnement pourra avoir connu des difficultés à trouver sa place ou à construire une estime de soi en raison du sentiment de décalage ressenti. Le HPI, par sa lucidité, est conscient des différences. S’il n’en identifie pas les raisons et qu’il souffre de ne pas être « comme tout le monde« , il imputera ses difficultés à l’idée qu’il a un problème ou qu’il n’est pas normal.
Les troubles DYS-
Encore une très grande famille. Parmi les plus « connues » :
- La dyslexie : Difficultés de lecture
- La dysorthographie : Difficultés d’acquisition de l’orthographe
- La dysgraphie : Difficultés d’écriture manuscrite.
- La dyscalculie : Difficultés mathématiques
- La dysphasie : Trouble du langage oral
- La dyspraxie : Difficultés de coordination des gestes
Les troubles DYS sont des troubles neurodéveloppementaux spécifiques qui affectent certains apprentissages (lecture, écriture, langage, calcul, gestes ou attention visuo-spatiale), sans être liés à un manque d’intelligence, de motivation ou d’efforts.
Ils persistent tout au long de la vie. Des aménagements et un accompagnement adapté permettent d’en limiter les répercussions.
Peut-on être concerné.e par plusieurs neuroatypies ?
Oui, oui et oui !
Plusieurs neuroatypies peuvent coexister. Ça rend leur identification un peu plus ardue et je pense qu’il faut garder en tête l’idée que, lorsqu’il y en a une présente, une autre peut être pas loin : soit dans la même personne, soit dans la famille, ou l’entourage car les neuroatypies, par leurs points communs, s’attirent.
Est-ce important de savoir si on est concerné.e ?
Il n’y a pas d’injonction, donc ça dépend. Tant qu’il n’y pas de souffrance ou de sempiternelles interrogations, le savoir peut permettre de mieux identifier ses besoins mais ce n’est pas en réponse à une nécessité.
Dans beaucoup d’autres cas, l’errance thérapeutique peut être longue, parfois durer toute une vie : ainsi chercher du côté des neuroatypies peut s’avérer pertinent et libérateur.
Un diagnostic de dépression peut ainsi occulter un ou plusieurs TND. Des difficultés scolaires peuvent être engendrées par des troubles DYS. Une anxiété sociale peut cacher un TSA.
Les approches pour soigner une dépression, soutenir des difficultés scolaires ou prendre en charge une anxiété sociale diffèrent selon les -vraies- raisons !
Parfois, il faut aller plus loin que l’arbre qui cache la forêt.
TDAH, TSA, DYS, hypersensibilité, HPI, ne sont pas un effet de mode. Ces fonctionnements ont toujours existé. C’est simplement que leurs identifications deviennent plus fréquentes car elles sont de mieux en mieux renseignées.
Encore faut-il écarter les idées reçues.
Et mes accompagnements qui prennent en compte toutes vos neuroatypies, sont là pour ça car je crois profondément qu’un parcours thérapeutique doit saisir le maximum de facettes dont nous sommes constitués.
