Quelques notes de piano, quelques notes d’émotions.
Je vois les vaches du champ voisin, ENSEMBLE sous l’ombre des PEUPLiers. Je pleure.
Je distingue un fil blanc et immense, tissé par une araignée, qui danse avec le vent accroché à un érable. Je pleure.
Je vois des tout jeunes se faire massacrer en direct, à l’antenne, sur les réseaux sociaux par des tout vieux (pas que) qui ont oublié que la violence vient de quelque part et en oublie la leur.
Je vois la violence même quand elle n’est pas diffusée sur un écran.
Je vois les levers et les couchers de soleil.
La lune, dans la nuit.
Ce n’est pas parce qu’on ne prend pas le temps de regarder ou qu’un nuage cache que ça n’existe pas.
Je prie, j’espère et je déNONce pour ne pas accepter, et qu’on le soit de moins en moins, que les violences soient banalisées ou n’aient qu’un seul type d’auteur.
Cette simplification même est le résultatd’ignorances, de prétextes et de banalisations,
De celles dont nous devons nous efforcer deTOUSTES nous distancer.
Car dès la naissance, la violence est déjà. A mouler, ordonner, stigmatiser, effrayer, faire taire, polir.
Plus nous la reconnaissons, plus nous en parlons sans amalgame, sans dogme, sans idéologie, plus nous pouvons l’évacuer.
Une violence peut grandir ignorée, réprimée, refoulée. Elle peut ainsi se cacher mais être bien présente.
Une violence peut s’exercer sans être reconnue, ni condamnée, ni réparée. Elle peut ainsi se montrer mais continuer de terroriser sans crainte.
Et ça, tous les jours.
Quand la violence déborde, elle n’apparaît pas par hasard.
Il n’y a pas les gentils sans violence et les méchants avec.
Il y a des personnes cruelles qui ne bastonnent pas avec les poings.
Il y a des personnes qui se défendent quand elles ont une main sur leur trachée.
Il y a des personnes qui prennent des coups pour ne pas en donner en retour et simplement espérer que quelqu’un regarde vers le ciel pour voir si la lune éclaire toujours.
👉🏻 Du point de vue thérapeutique, il est nécessaire de regarder en soi les zones d’ombres, la colère réprimée, les pensées qui nous apparaissent violentes. Ce n’est pas anormal et il est humain de ressentir, de penser à la violence, l’imaginer ou la ressentir*. Ce n’est pas un passage à l’acte.
La reconnaitre et la nommer demande de la modestie et un retour à soi que beaucoup refusent ou prétendent ne pas en avoir l’utilité.
* Attention à ne pas confondre avec la validation de sa propre violence ou d’une violence d’un groupe, sur les autres pour justifier et légitimer actes agressifs, paroles intolérables, ironie et moquerie, mise à l’écart, etc. J’évoque rapidement ça plus bas.
Contrairement à ce que beaucoup croient sur la violence, la refouler, ne pas l’évoquer par honte ou par son opposé, la fierté, n’éloigne pas du tout du passage à l’acte. Au contraire !.. plus vous pressez le ressort, plus il gagne en détente et impact dès que vous lâchez un peu.
Les images vous parlent ? : vous ne faites pas le ménage en mettant la poussière sous le tapis. Ignorer ne permet pas de s’y pencher pour faire désenfler l’abcès, comprendre ses mécanismes et sa présence pour mieux s’en détacher afin de la maîtriser.
Prudence avec le mot « maîtriser » : Maîtriser sa violence c’est reconnaitre une composition de soi, humaine et légitime, l’accepter et choisir de l’exprimer sans violence, justement. Ce n’est pas maîtriser soi, c’est maîtriser ses choix et cela uniquement quand le choix est possible : j’écarte toutes les situations de légitimes défenses.

Du point de vue féministe, je me faisais cette réflexion :
« A force d’autoriser la violence des hommes, il ne faut pas s’étonner de voir la violences des hommes ».
Le comble est de voir s’étrangler de convictions les hommes, et des femmes aussi, qui ont l’air de découvrir la violence en 2026 mais qui ne froncent pas un sourcil face aux violences quotidiennes banalisées à l’encontre des femmes (hello la chasse aux sorcières), des enfants (hello l’adultisme), les personnes non blanches (hello l’héritage colonial), en situation de handicap (hello le validisme), les personnes LGBTQIA+ (hello l’hétéronormativité), entre autres.
Alors oui, on peut clairement avancer que certaines personnes valident certaines violences sur certains types d’individu, elles le revendiquent même ! (hello Cnews, RN, mascu et cie). Pire encore, certaines personnes et la majorité sont des hommes (hello patriarcat) considèrent un même acte soit non-violent soit violent, selon le profil de la personne concernée (genre, couleur de peau, classe sociale, ….)
Toutefois la violence est un élément tellement constitutionnel de la société qu’elle en devient difficilement distinguable : elle est intériorisée. Un peu comme une certaine Brigitte qui a intériorisé le sexisme et la misogynie et qui, pour soutenir un homme qui a violé et blessé une femme, traite de « Sales Connes » des femmes qui en défendent d’autres.
Il faut se protéger de l’idée que la violence se présente sous une seule forme : sans ça, sans bonnes paires de lunettes, nous risquons de la subir ou de la reproduire, ou les deux.